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Les besoins visuels et dynamiques en sports de course motorisés

30 mai 2019 | Par Karen Moncey (Dynamic Edge) Traduit par Carole Leduc D.O., C.A.T.(c)

Les sports compétitifs motorisés sont excitants à regarder car ils impliquent beaucoup de vitesse. Saviez-vous qu’un pilote de course doit déployer un grand nombre d’habiletés visuelles afin d’interagir avec son environnement de façon compétitive et sécuritaire ?

Au- delà de la préparation technique de son bolide, de sa forme physique et de sa stratégie de course, une bonne concentration et une excellente coordination visuelle et motrice sont cruciales. Un examen annuel auprès d’un professionnel de la vue (optométriste ou ophtalmologiste) est recommandé, ainsi qu’un choix approprié de lentilles cornéennes (ou de lunettes correctrices) et de protection solaire.

L’entraînement visuel sportif (EVS) et les appareils de mesures objectives des vitesses de réaction permettent d’évaluer les habiletés visuomotrices du conducteur et de les renforcer afin d’optimiser son efficacité et sa confiance lors de ses performances.

Ces habiletés sont à la fois mentales et motrices. Voici une liste descriptive de certains de celles-ci afin de mieux comprendre en quoi l’entraînement visuel sportif (EVS) peut aider les pilotes.

Accommodation et convergence

L’Accommodation est la capacité de la lentille de l’oeil de modifier le focus au fur et à mesure que les objets, par exemple les voitures, s’approchent ou s’éloignent ou lorsqu’il faut changer rapidement l’ajustement du loin au près comme lorsque le regard se déplace entre le circuit et le tableau de bord.

La Convergence est l’habileté à faire travailler les 2 yeux à l’unisson pour réorienter le focus de l’image du loin au près, puis de nouveau au loin, rapidement, tout en se déplaçant du haut vers le bas et vers la gauche ou la droite. Cette fonction est dépendante du contrôle des muscles extra oculaires. Il existe 6 muscles pour chaque œil et la clarté des images, lorsque les 2 yeux sont ouverts, n’est possible que si les muscles des 2 yeux sont bien coordonnés.

L’accommodation et la vergence/convergence sont deux fonctions visuelles séparées, contrôlées par 2 circuits neurologiques distincts. La capacité de les synchroniser s’appelle la binocularité, qui permet 1. l’adaptation de l’image lors du déplacement rapide des voitures et 2. de maintenir une vision claire de la position du coureur et de la progression de ses concurrents durant les courses.

Anticipation, « Timing »

Le système visuel agit en informateur en captant la distance séparant la voiture du pilote des autres ainsi que la vitesse à laquelle elle progresse par rapport à la vitesse des autres concurrents. Conséquemment, le conducteur est apte de juger quand et comment agir en tout temps.

Saviez-vous que 85% des informations clés reçues par les pilotes automobiles et les conducteurs de moto compétitive proviennent du système visuel ? Ces informations permettent d’anticiper les mouvements et d’organiser le « timing » des gestes, ce qui est un impératif à la performance. Plusieurs efforts sportifs échouent non suite à un mouvement fautif ou mal dirigé, mais plutôt parce qu’il n’est pas effectué au bon moment. La meilleure préparation physique en force, souplesse et vitesse ne peut compenser pour une information visuelle fautive, qui elle fausse le jugement du choix du moment d’action.

Les erreurs les plus fréquentes liées au moment d’action, en course, se résument en 2 catégories :

Les erreurs d’omission
 

Celles-ci surviennent lorsqu’il n’y a pas, ou lorsqu’il y a oubli de former une intention d’action : quelque chose n’a pas été fait qui aurait dû l’être avant ou durant la course.

Les erreurs de commission
 

Dans ce cas, une action est réalisé mais mal dirigée, d’une ou l’autre de ces deux façons :

  • Intention erronée : il s’agit d’une situation où l’action a suivie l’intention, de la bonne manière, avec la bonne force, à la bonne vitesse et au bon moment, mais cette action ne devait pas être faite au moment donné et/ou dans les circonstances données.
  • Mauvaise performance d’une intention : lorsqu’une bonne décision est exécutée à un mauvais moment.

 

Concentration

Lors d’une course, les pilotes doivent être capables, malgré les distractions, de maintenir un haut niveau de focus, tout en maintenant leur niveau de compétitivité au plus haut de leurs capacités en restant alertes aux mouvements des autres compétiteurs et aux particularités du circuit sur lequel il se trouvent. Il ne faut surtout pas que le regard reste « fixé : ceci devient une forme de distraction qui dissocie l’attention de la course et représente une perte totale de concentration, impliquant une perception faible ou nulle des signaux d’alerte et de l’ environement. L’augmentation de risque d’accident et la perte d’avantage stratégique s’en suivent.

Perception de la profondeur (3D)

Tel que mentionné plus haut (accommodation et convergence), la perception de la profondeur modère le jugement des distances et permet l’ajustement de la vitesse par rapport à celle des autres compétiteurs, et d’ajuster celle-ci à la morphologie des circuits. Ceci est possible grâce à la stéréopsis, ou la vision binoculaire, responsable de la conversion des images en 2 dimensions, perçues par chaque oeil et combinées par le cerveau pour en former une seule, en 3 dimensions.

Attention périphérique

Il ne faut pas confondre attention et vision périphérique. Le champs de vision périphérique est dicté par l’anatomie du squelette et la forme de la rétine, qui ne sont pas modifiables. Il est possible, par contre, d’aiguiser l’attention périphérique, soit la capacité de maintenir l’attention à la fois sur ce qui se passe autour de soi (périphérie) et sur le circuit devant la voiture, la moto ou le vélo. Une perception périphérique bien développée permet de bien tout capter et de favoriser la fluidité de la course en continue de façon dynamique.

Le système visuel dirige le système musculo squelettique

Les muscles de nos mains et de nos pieds, comme tous les autres, répondent aux informations que le cerveau leur envoie à partir des données sensorielles qu’il reçoit. Il est estimé que 86% de ces informations proviennent du système visuel ! Qu’elles soient imprécises, ne serait-ce que de quelques degrés entraîne des risques d’erreurs et de fausses-manœuvres.

Vitesse de reconnaissance

La vitesse de reconnaissance fait référence à la quantité d’information que le cerveau réussi à traiter et retenir à la fois. Chaque stimuli visuel « en extra » que le cerveau enregistre peut influencer le rendement d’une performance. La vitesse de conversion d’entrée(s) visuelle(s) en activité motrice (geste) peut s’entraîner – la répétition amène l’automatisation, diminuant la charge d’effort à fournir en situation de stress (compétition, par exemple.)

Acuité visuelle dynamique

L’acuité visuelle dynamique fait référence à la vision dans l’action, c’est-à-dire la capacité d’interpréter des informations visuelles en mouvement constant et de s’en servir pour réagir rapidement et précisément durant les courses.

Entraînement visuel sportif (EVS)

L’entraînement visuel sportif diffère de la rééducation visuelle ou de la thérapie visuelle. La rééducation (ou thérapie) visuelle a pour objectif de corriger une variété de des conditions visuelles problématiques bien spécifiques et concerne les professionnels de la vision. L’EVS, plutôt, s’intègre dans l’entraînement des athlètes en fournissant des informations sensorielles qui entraîne la justesse/vitesse de réaction des mouvements.