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L’EVS et les habiletés visuelles dynamiques

02 avril 2019 | Par Carole Leduc D.O., C.A.T.( c)

L’entrainement visuel sportif (EVS) consiste en l’apprentissage et l’entrainement des fonctions visuelles dynamiques, c’est-à-dire à l’amélioration de la vision dans l’action.  

Ces fonctions, décrites individuellement plus bas, sont la concentration, la visualisation, la gestion du stress, l’attention périphérique, l’accomodation - convergence-divergence pour la vision en 3D, l’anticipation, la vitesse de réaction.

Concentration

Il s’agit de la capacité à soutenir un haut niveau de focus sur une tâche ou une cible, malgré les distractions , tout en maintenant un haut niveau d’attention à ce qui se passe en périphérie. Il ne faut pas confondre “se concentrer” avec “fixer”, qui est en fait une forme de distraction. Des yeux qui fixent ne sont pas concentrés sur une cible, ils ne sont en fait focalisés sur rien et sont plutôt dissociés de l’environnement. Les niveaux de performance supérieure observés lors de grands championnats ou de parties importantes sont la plupart du temps attribués à la “volonté” de gagner, ou à la détermination profonde qui induisent une concentration intense sur tous les détails du moment : sur toutes les petites variations d’action(s), de près ou de loin qui pourraient améliorer la situation vécue... incluant la discipline de ne pas se laisser distraire !

La visualisation

Elle correspond au processus par lequel une personne peut créer une image visuelle à partir de la mémoire des informations visuelles d’un objet, d’un endroit, ou d’une action. La visualisation peut servir d’entraînement, en tant que « répétition » mentale d’une performance. Il s’agit d’un processus physiologique et comme tel, permet de réduire le temps dans la courbe d’apprentissage. Les recherches ont démontré que l’imagerie mentale a le potentiel d’apporter des changements visuo-moteurs qui persistent après que les images ne sont plus formées, ce qui suggère aussi que l’utilisation de l’imagerie mentale peut précipiter ces changements et avoir des implications pratiques importantes.

Gestion du stress

L’effet du stress correspond à la façon dont le stress et la fatigue affectent l’habileté à performer. Les gens sont tous affectés d’une façon différente et individuelle, et à des niveaux différents par ces éléments. Ceci peut amener à rater l’ » image globale » de la situation et à focaliser seulement sur des micros-informations qui amène à réagir à des portions de jeux ou d’action ; ceci induit une vision « étroite » qui bloque la perception de signaux visuels ou sonores ; cela amène en retour une attitude mentale de « tunnel » qui rend plus difficile la pensée « en dehors de la boîte » et engendre même des pensées plus obscures ; le tout (résulte en) une réponse soit plus lente, soit une sur-anticipation et une réponse rapide inadéquate. Un apprentissage graduel de la quantité d’informations à gérer simultanément permet l’élaboration d’une stratégie de réaction, et donne des repères positifs sur lesquels se reposer lors de situations similaires subséquentes.

L’attention périphérique

Il ne faut pas confondre la vision et l’attention périphérique. La vision périphérique ne peut pas être modifiée : elle est régie par la forme anatomique de la rétine et du squelette. Par contre l’attention périphérique, ou l’attention que l’athlète porte à ce qui se passe autour de lui/elle tout en gardant un focus sur une cible, peut être améliorée. Une attention périphérique bien développée permet à un athlète de tout voir à la fois, c’est le phénomène souvent nommé “voir le jeu” ou “sentir le jeu” “sentir une piste”, etc. : être conscient de la position de ses coéquipiers, son/ses opposant(s) ou son environnement tout en restant concentré sur son geste.

Accommodation, convergence et divergence

La flexibilité du focus et la poursuite visuelle sont deux habiletés différentes mais inséparables puisqu’elles doivent être utilisées simultanément afin de permettre une vision claire. L’accommodation est une fonction de la lentille située à l’intérieur de l’œil qui permet l’ajustement “automatique” du focus lorsqu’un objet s’approche ou s’éloigne de nous. Ce processus est raffiné par le système musculaire des yeux de convergence/divergence. La convergence est le rapprochement des 2 yeux l’un vers l’autre, et la divergence consiste en l’éloignement des 2 yeux, l’un par rapport à l’autre. C’est la propriété des muscles externes des yeux qui travaillent ainsi à l’unisson pour augmenter l’ajustement rapide lorsque la vitesse du mouvement des objets est élevée.

Perception de la profondeur ou vision en 3D

La perception de la profondeur est la représentation ultime de ce qu’est la vision fine. Cette capacité est rendue possible à l’être humain par la stéréopsie, ou la vision binoculaire, c’est-à-dire à deux yeux. En réalité, chaque œil perçoit et enregistre une image différente en deux dimensions sur la rétine, qui est recomposée par le cerveau pour en faire une seule, plus précise et en trois dimensions. Ce phénomène n’est possible que si les deux travaillent en synergie. Ceci nous permet de mesurer la distance et la vitesse de déplacement des objets dans l’espace, ainsi que pour nos propres déplacements dans celui-ci.

Anticipation et “timing”

Le système visuel fournit au corps l’information nécessaire pour lui permettre de réagir de façon appropriée, mais aussi pour décider du moment d’effectuer l’action. Le timing est un élément-clé d’une performance efficace. Plusieurs performances sportives sont sous-optimales non pas à cause d’un manque de force, souplesse ou précision, mais parce que les gestes ont été posés au mauvais moment.  La capacité d’anticiper et d’activer son corps de la bonne manière et au bon moment au niveau élite revêt une importance majeure, et ni la vitesse, ni la force ou les réflexes musculaires ne peuvent compenser une insuffisance d’intégration des informations visuelles en relation avec le moment de passer à l’action.

La vitesse et l’étendue de la reconnaissance

Cette habileté correspond à la quantité d’informations qu’une personne peut absorber à la fois ; en d’autres mots, la proportion de terrain, glace, piste qui peut être perçue en un clin d’œil. Une augmentation de la vitesse à laquelle un athlète peut percevoir un stimulus visuel a un effet direct sur sa performance globale. Cela amène à une amélioration du niveau des réflexes généraux. Cela rend la réaction musculaire plus automatisée et moins réfléchie, ce qui est très important dans des situations où le temps de réflexion ralentit la réaction ; par exemple pour les sports moteurs (course automobile, motocross, etc.), le ski alpin, le hockey, les sports de raquette où les vitesses de balles sont très élevées, ainsi que pour la majorité des sports. Une réponse musculaire plus rapide implique non seulement une meilleure performance, mais aussi une meilleure protection par rapport aux situations pouvant potentiellement entrainer une blessure.

La coordination œil-main/pieds

Les yeux guident le corps, et non l’inverse.  Nos pieds et nos mains répondent aux informations qui sont envoyées au cerveau par les yeux, donc si cette information est incorrecte, ne serait-ce que très légèrement, la réponse motrice sera elle aussi imprécise. La majorité des erreurs sportives sont le résultat d’un mauvais jugement visuel, et c’est ce jugement visuel, et lui seul, qui coordonne les réactions œil-main/pied.

 

Concentration - Vision - Action

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